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Périménopause : « Pourtant, avant, j’arrivais à gérer… »

julieguihur
29 sept.
5 min de lecture

Il y a une phrase que j’entends très souvent chez les femmes que j’accompagne : « Pourtant, avant, j’arrivais à gérer. »


Avant, une mauvaise nuit était une mauvaise nuit. On était fatiguée le lendemain, mais on récupérait. On pouvait enchaîner une grosse semaine entre le travail, les enfants, les rendez-vous, les courses et la maison, puis souffler un peu le week-end.

Et puis, progressivement, quelque chose change. Une nuit trop courte et il faut parfois plusieurs jours pour s’en remettre. Un week-end trop rempli et on arrive au mardi en ayant encore l’impression de le payer. Le bruit agace davantage, les sollicitations épuisent et le huitième « Maman ? » de la soirée peut donner envie de s’enfermer cinq minutes dans une pièce où, surtout, plus personne ne nous demande rien.


Il y a aussi ces nuits où l’on s’endort sans difficulté pour se retrouver, à 3 ou 4 heures du matin, parfaitement réveillée. Le corps est épuisé mais le cerveau, lui, semble avoir décidé que c’était justement le moment idéal pour repenser à tout ce qu’il reste à faire.

Et une question finit par arriver :


« Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Je n’étais pas comme ça avant. »



Anxiété, sommeil, irritabilité : et si la périménopause commençait à se manifester ?


Quand ces changements commencent à 36, 37 ou 38 ans, la périménopause est rarement la première explication à laquelle on pense.


On se dit qu’on est trop jeune. Que c’est sûrement le stress, le travail, les enfants, le manque de sommeil ou simplement une période un peu trop chargée. Alors on attend que ça passe.

Sauf que parfois, ça ne passe pas vraiment. Les nuits deviennent plus fragiles, certains moments du cycle beaucoup plus difficiles, on récupère moins bien. Une anxiété ou une irritabilité inhabituelle peut apparaître. Et surtout, cette impression revient : « Je ne me reconnais plus vraiment. »


La périménopause correspond à la période de transition qui précède la ménopause. Elle peut durer plusieurs années et ne se manifeste pas uniquement par des règles irrégulières ou des bouffées de chaleur. Troubles du sommeil, fatigue persistante, irritabilité, anxiété, difficultés de concentration ou modification du cycle peuvent également faire partie du tableau.¹


Bien sûr, ressentir ces symptômes à 36 ou 38 ans ne signifie pas automatiquement que l’on est en périménopause. D’autres causes doivent parfois être recherchées. Mais cela mérite d’être entendu plutôt que systématiquement résumé à : « Vous êtes stressée. »



Réveils nocturnes et périménopause : pourquoi le sommeil devient-il parfois si fragile ?


Les troubles du sommeil occupent une place importante pendant cette transition. Difficultés d’endormissement, sommeil non réparateur, réveils précoces et surtout réveils nocturnes répétés sont fréquemment rapportés.²


Et cela compte énormément pour la suite.

Parce qu’une nuit fragmentée ne reste pas enfermée dans la nuit. Elle accompagne la journée suivante : moins d’énergie, davantage d’irritabilité, une concentration plus difficile et parfois cette sensation d’être beaucoup plus facilement débordée.


Les hormones sexuelles ne concernent pas uniquement les règles et la fertilité. Les changements hormonaux de cette période interagissent avec des fonctions impliquées notamment dans le sommeil, l’humeur et la thermorégulation. Et les difficultés de sommeil sont elles-mêmes multifactorielles : hormones, bouffées de chaleur ou sueurs nocturnes, anxiété, stress et autres facteurs de santé peuvent se superposer.²


C’est là que la notion de marge devient particulièrement intéressante.



Et si ce n’était pas votre capacité à gérer qui avait changé, mais votre marge ?


Imaginez que votre quotidien vous demande depuis des années 80 % de vos ressources. Tant que vous récupérez correctement, ces 80 % restent supportables.

Mais si votre sommeil devient plus fragile, que certains moments de votre cycle vous bousculent davantage et que votre récupération est moins bonne, le même quotidien peut soudain sembler beaucoup plus difficile.


Votre vie n’a pas nécessairement changé. Mais la marge avec laquelle vous l’absorbez, elle, peut avoir changé.


Et pourtant, notre premier réflexe est souvent d’en demander davantage à notre corps.

On est épuisée ? On prend un café et on continue. Le poids commence à augmenter ? On réduit davantage son alimentation. On se sent moins en forme ? On décide qu’il faudrait reprendre sérieusement le sport. On dort mal ? On maintient malgré tout exactement le même programme le lendemain.

Pendant ce temps, il faut toujours travailler, gérer les enfants, penser au rendez-vous chez le dentiste, répondre au mail de l’école, prévoir le repas du soir et organiser le week-end.

Et comme on a réussi à vivre ainsi pendant des années, on finit parfois par penser : « Je devrais quand même réussir à gérer tout ça. »



Et si la périménopause rencontrait notre rythme de vie au pire moment ?


C’est probablement l’un des paradoxes les plus intéressants de cette période.

Au moment où certaines femmes commencent à ressentir davantage le manque de sommeil, les variations du cycle ou l’accumulation des contraintes, elles traversent souvent une période de vie particulièrement dense : travail, enfants, couple, maison, charge mentale et parfois parents vieillissants.


La recherche montre justement que l’expérience psychologique de la transition ménopausique ne dépend pas uniquement des hormones. Sommeil, santé, événements de vie et facteurs psychosociaux peuvent eux aussi participer à ce que traverse une femme pendant cette période.

Il ne s’agit donc pas forcément de choisir entre « ce sont mes hormones » et « c’est mon stress ».

Les deux peuvent se rencontrer.


Et c’est précisément pour cela que deux femmes du même âge présentant de l’anxiété, des réveils nocturnes et une fatigue importante ne nécessitent pas forcément la même approche.



Alors, par où commencer ?


Certainement pas en ajoutant quinze nouvelles choses à votre liste.

Lorsqu’une femme vient me voir parce qu’elle dort mal, se sent épuisée ou anxieuse, prend du poids ou ne se reconnaît simplement plus, je cherche d’abord à comprendre ce qui se passe chez elle.


Comment dort-elle ? Son cycle a-t-il changé ? À quels moments les symptômes apparaissent-ils ? Comment mange-t-elle ? Son rythme lui laisse-t-il réellement le temps de récupérer ? Quelle place occupent l’activité physique, les stimulants et le stress ? Et certains symptômes nécessitent-ils parallèlement une exploration médicale ?


Parce que deux femmes qui disent toutes les deux « je suis épuisée, anxieuse, je dors mal et je ne me reconnais plus » peuvent avoir besoin de commencer à deux endroits complètement différents.

C’est aussi pour cela que je crois peu aux protocoles identiques pour toutes.



Peut-être qu’il ne s’agit pas de redevenir celle que vous étiez avant


Si vous vous êtes reconnue dans ces lignes, la première étape n’est peut-être pas d’essayer encore plus fort de retrouver votre énergie d’avant ou de réussir à supporter exactement le même rythme.

Elle peut commencer par une question beaucoup plus simple :


Qu’est-ce qui a changé et de quoi mon corps a-t-il besoin aujourd’hui ?


C’est ce que je cherche avec les femmes que j’accompagne : reprendre l’histoire dans son ensemble, comprendre le cycle, le sommeil, le stress, l’alimentation, l’activité physique et le fonctionnement du système nerveux, puis déterminer par où commencer sans ajouter une nouvelle montagne d’injonctions.


J’accompagne les femmes en périménopause au Loroux-Bottereau, dans le vignoble nantais, ainsi qu’à distance en visioconférence.






Sources

  1. Assurance Maladie — Périménopause (préménopause) : symptômes et contraception, 2026.

  2. Assurance Maladie — Ménopause et troubles du sommeil : pourquoi ?, 2026.

 
 
 

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